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Sagesse d'agriculteur

Cyclospora et laitue : faut-il s’inquiéter au Québec?

Depuis quelques semaines, le mot Cyclospora s’est invité dans l’actualité, et disons qu’il n’a pas exactement donné envie aux gens de commander une salade. 

Une importante éclosion de cyclosporose aux États-Unis a soulevé plusieurs questions chez les consommateurs québécois. La laitue est-elle sécuritaire? Est-ce que l’éclosion touche les produits d’ici? Et surtout : doit-on réellement se méfier de toutes les laitues?

Petite mise au point. Parce que non, toutes les laitues ne devraient pas être mises dans le même panier.

D’abord, c’est quoi le Cyclospora?

Cyclospora cayetanensis est un parasite microscopique qui peut causer une infection intestinale appelée cyclosporose. Il peut être transmis par la consommation d’eau ou d’aliments contaminés.

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, le lavage des fruits et légumes demeure une bonne pratique de salubrité alimentaire, mais ne permet pas toujours d’éliminer complètement le parasite. L’Agence recommande notamment de privilégier les fruits et légumes frais cultivés au Canada pour réduire le risque, particulièrement au printemps et à l’été.

Que se passe-t-il aux États-Unis?

L’éclosion qui fait actuellement les manchettes est américaine. En date du 5 août 2026, la FDA rapportait 6 358 cas confirmés dans 15 États, dont 278 hospitalisations et deux décès chez des personnes qui avaient d’importants problèmes de santé sous-jacents.

L’enquête de la FDA et des CDC a établi un lien épidémiologique avec de la laitue iceberg provenant du centre du Mexique, rappelée par Taylor Farms de Mexico. Les autorités américaines précisent que l’enquête est toujours en cours.

C’est une distinction importante : cette situation ne signifie pas que toutes les laitues vendues en Amérique du Nord sont touchées.

Et au Québec?

Le Québec a lui aussi recensé davantage de cas de cyclosporose cet été. Selon les données du ministère de la Santé et des Services sociaux rapportées le 4 août, 223 cas avaient été recensés en date du 1er août 2026.

Mais il y a un détail essentiel : les cas québécois étaient majoritairement associés à des expositions lors de voyages, et la principale destination concernée était le Mexique. Au moment de cette mise à jour, aucun cas québécois n’était lié à l’éclosion américaine associée à la laitue.

Autrement dit : voir les mots « Cyclospora » et « laitue » dans la même manchette ne veut pas dire que la laitue cultivée au Québec est en cause.

Pourquoi la provenance de votre laitue compte

Chez Gen V, nos laitues sont cultivées ici, en serre hydroponique, dans un environnement contrôlé. L’eau utilisée pour les arroser est potable et filtrée aux rayons ultraviolets dans le cadre de nos mesures de salubrité.

La culture en serre permet également un contrôle étroit de l’environnement de production. Et ce n’est pas seulement nous qui vous encourageons à regarder la provenance : l’Agence de la santé publique du Canada recommande de consommer des produits frais cultivés au Canada parmi les moyens de réduire le risque de cyclosporose.

Bref, quand une alerte alimentaire fait les manchettes, la provenance du produit est une information essentielle.

Une peur qui a des conséquences bien réelles

Cette confusion entre les produits visés par l’éclosion et toutes les laitues a déjà eu un impact chez les producteurs d’ici.

Dans une entrevue accordée au Journal de Montréal, Valérie Terrault, directrice du développement des affaires et marketing chez Cultures Gen V, estime à environ 10 % la baisse des ventes de laitues québécoises cet été. Elle résume bien le problème : « Tout le monde a été mis dans le même panier ».

Des producteurs québécois ont même dû réduire leurs prix ou détruire des récoltes faute d’acheteurs. Une conséquence particulièrement dommage quand les produits cultivés ici ne sont pas ceux visés par l’éclosion américaine.

Alors, peut-on continuer à manger de la laitue québécoise?

Oui. Les informations disponibles au moment de publier cet article ne mettent pas en cause les laitues cultivées au Québec dans l’éclosion américaine en cours.

Comme consommateur, le meilleur réflexe reste simple : vérifier la provenance, suivre les avis officiels de rappel lorsqu’il y en a et appliquer les bonnes pratiques de manipulation des aliments.

Et surtout, pas besoin de divorcer de votre salade pour tout l’été. 🥬💚

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